Chassez le naturel, il revient au galop ! J’ai longtemps lutté contre une attirance que je ne peux plus nier,
longtemps j’ai regardé les femmes de ma famille comme des midinettes rêveuses de princes charmants, et tout et tout. J’étais différente je le savais, en fait je le croyais, c’est là toute LA
différence !! Puis vient un jour d’avril-mai 2006 en plein mémoire de Master 1 (ah oui je vous ai pas dit je suis étudiante) ma meilleure amie malade (ou prétextant la maladie) découvre en
vacances, Rubi une telenovela originale (l’héroïne est une vraie conasse). Bien évidemment à son retour chez ses parents elle m’informe qu’elle n’a pas M6 et ne peut donc pas continuer à regarder
et me promet que si elle elle aime moi je vais être à fond les ballons, je me laisse convaincre non sans réticences vous imaginez bien, et j’accepte de les lui enregistrer chaque jour. Au début
je l’attendais pour regarder puis peu à peu je ne pouvais plus résister et je me suis mise à regarder seule et des fois même à regarder seule puis à nouveau avec elle. Cet enthousiasme s’est
arrêté avec la fin de Rubi, faut dire aussi que les chaînes n’incluaient pas de nouvelles telenovelas dans leurs grilles de programmation.
Mais c’était sans compter sur France O, et ses multiples séries sud-américaines, j’ai commencé en février à regarder
Barbarita mais tellement sporadiquement que je ne connais pas l’histoire, je ne peux que vous dire ce que j’ai retenu, je sais et c’est ça que j’ai adoré qu’il y avait un Musulman qu’ils
appelaient le Musulman qui a eu un enfant avec une Colombienne riche dont le père a fait promettre à ce Musulman de ne pas maltraiter sa fille comme le veut sa culture et de ne pas lui imposer le
voile, d’ailleurs en parlant de voile le Musulman il avait en guise de keffieh un espèce de torchon avec une cordelette type corde à linge, y’avait une Blanche riche qui a été élevée dans une
famille Noire qui a reproché à sa vraie mère de l’avoir laissée chez ces Noirs.
J’ai adoré leurs dialogues crus, non pas qu’ils m’aient permis d’assouvir mes tendances néo-nazies, mais plutôt que ces
séries il faut à tous prix les regarder au second degré, c’est pour cette raison que j’adore l’ignoble doublage français, le mauvais jeu des acteurs, les acteurs qui prennent 10ans en deux jours,
les dialogues aussi incroyables que les rebondissements journaliers. Car oui effectivement ça bouge dans les telenovelas mais à des rythmes particuliers, à l’inverse des soaps américains, les
telenovelas ont une fin et ne s’étirent pas sur plusieurs saisons, ils savent où ils vont même si nous on ne sait pas forcément.
Conseil pour regarder :
Pratiquer le second degré, et aimer ça (ça peut vous servir pour plein d’autres trucs)
Avoir des copines à qui en parler (si vous n’en avez pas n’hésitez pas suis partante!)
Ne surtout pas aimer les minets sinon vous risqueriez de trouver mignons les acteurs et là c’est foutu y’aura du
parti pris et vous oublierez votre second degré, et ça c’est nul !
Avoir une bonne mémoire pour se rappeler qui est qui, même si pour vous aider les personnages ont tendance à répéter
entièrement les noms même celui de leur père (exemple : « non Eduardo, je n’ai pas le droit de trahir mon père Alfonso Riviera de
la Cruz pour sauver la vie de Mariela Vargas de la Copa »).
Avoir du temps car c’est tous les jours et vous risquez d’avoir du mal à ne pas regarder.
Eventuellement comprendre l’espagnol pour comprendre les paroles du générique qui souvent en vaut le détour
(surtout Rubi).
Mes préférées :
Rubi : elle est comme ils le disent tout le long de la série ambitieuse, pauvre elle vit avec sa mère et sa sœur, a
une amie fidèle ultra riche qui a un handicap, ce qui lui permet derrière son dos de l’appeler L’infirme. Elle sort avec un chirurgien qu’elle quitte car elle le trouve trop pauvre et décide de
séduire le fiancé de sa copine qui est riche aussi. C’est la méchante et on l’aime bien c’est ça qui est original.
Marina (qui est encore diffusée) : J’adore, ce qui m’a séduite c’est la dualité (second degré n’oubliez pas !)
entre les riches d’un côté et les pauvres qui se demandent comment ils vont faire pour manger et même pour faire cuire ce qu’ils veulent manger même les allumettes sont trop chers pour eux. Faut
voir leur tête aussi, le réalisateur a honte de rien les pauvres sont encore plus pitoyables que ce que nous explique Safia Azzedine dans Confidences à Allah. Et surtout y’a Chuy (mon Chuy comme
ses deux mères l’appellent) c’est un type qui en un weekend est passé de 7ans à 15ans, il est pauvre mais sa mère est riche elle l’a retrouvé mais il sait pas que c’est sa mère elle lui offre des
trucs et lui apparemment ça le gène pas, il a un coté un peu gigolo Chuy c’est peut être ça qui me laisse pas indifférente. C’est en cours de diffusion je vous en dis pas plus…
Lui c'est Chuy->
Je sais pas si je vous ai convaincu c’était pas le but, mais j’avais envie d’en parler.